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Pruniers et cerisiers à fleurs à Paris

Au printemps dernier nous avions évoqué les trois principaux cerisiers (cerisiers “vrais” par opposition aux cerisiers à grappes) des milieux naturels d’Ile de France : le merisier, le griottier et le cerisier de Sainte Lucie. Les cerisiers, sont des arbres du genre Prunus, et nous vous proposons ici de découvrir quelques Prunus parisiens, remarquables par leur floraison.

Les Prunus sont le plus souvent des arbres de petites tailles (sauf le merisier qui peut atteindre 30m en milieu forestier) ; leur fleur est caractéristique des rosacées (5 sépales, 5 sépales, plus de dix étamines, mais comme pour les rosiers, les pétales peuvent être beaucoup plus nombreux dans les variétés horticoles); leur fruit est une drupe c’est-à-dire un fruit charnu avec un noyau qui renferme la graine,. Ce genre rassemble plusieurs centaines d’espèces, souvent des arbres fruitiers et/ou d’ornement comme les pruniers, cerisiers, abricotiers, amandiers, pêchers…

Le site « open data » de la ville de Paris recense plus de 6000 Prunus dans Paris intra-muros ; plus d’un tiers d’entre eux sont des pruniers du Japon, Prunus serrulata.

Pruniers du Japon au Parc Martin Luther King

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Depuis le XVème siècle en Asie, cet arbre est cultivé pour ses qualités d’ornement. De nombreux hybrides et cultivars ont été créés. Selon les variétés les fleurs sont blanches ou roses; les feuilles à dents filamenteuses sont caractéristiques de l’espèce et lui ont donné son nom : serrulata vient du mot latin serrula « petite dent » et signifie ici finement denté.

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A Paris,  Prunus serrulata se différencie dans une douzaine de variétés dans la plus représentée est la variété ‘Kanzan’, appréciée pour sa floraison rose profuse avec ses bouquets de fleurs doubles ; elle dure une quinzaine de jours à partir la mi-avril. Prunus serrulata ‘Kanzan’ se reconnait aussi à sa taille moyenne (5 à 6m), son port évasé et ses jeunes feuilles cuivrées ; il se rencontre souvent comme arbre d’alignement sur des voies secondaires ou bien, dans des cours d’écoles. Inutile de chercher les fruits, les fleurs de cet hybride dont stériles.  

Fleurs de Prunus serrulata kanzan – on aperçoit la feuille finement dentelée

 

Au Jardin des Plantes, deux magnifiques cerisier du Japon se concurrencent. Un Prunus serrulata ‘Kanzan’ de grande taille et à la floraison rose,

Prunus serrulata kanzan du Jardin des Plantes

et un Prunus serrulata ‘shirotae’ au port très étalé et à la floraison blanche qui fait partie des arbres remarquable du Jardin. On trouve aussi  quelques spécimens de cette variété au Parc André Citroën et au Jardin de la Folie Titon dans le 11ème arrondissement.

Prunus serrulata  ‘shirotae’ au Jardin des Plantes – Photo Guy Bernard
Fleurs de Prunus serrulata “shiratoe”
Le feuillage caractéristique de Prunus cerasifera pissardii

 

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Prunus cerasifera , le prunier à fleur ou  myrobolan est  également un Prunus assez fréquent à Paris (plus de 800 specimens). Cet arbre originaire du Caucase est un des premiers à fleurir. Ses fleurs sont blanches ou roses pour la variété ‘pissardii’. Cette variété à feuillage pourpre est la plus fréquemment plantée ; elle fut  introduite en France par l’horticulteur Ernest Pissard (1850 -1934) qui travailla auprès de Nasser-al-Din Shah Qajar (1831 – 1896) shah d’Iran; dans Paris c’est quasiment la seule présente.

 

 

Prunier myrobolan du Jardin des Plantes

Cependant au Jardin des Plantes , on peut admirer un beau Prunier myrobalan dont les fleurs sont blanches comme neige et le feuillage vert. Cette espèce a été cultivée comme porte greffe d’autres pruniers et pour son fruit; elle s’est naturalisée.

 Les fruits  des Prunus cerasifera sont des petites prunes dont la couleur va du jaune au rouge selon les variétés. Ils donnent le nom à l’espèce « Prunus cerasifera », prunier qui porte des cerises.

Les avis sur les qualités gustatives des fruits crus du Prunier myrobolan varient selon les auteurs , saveur acidulée, fruit aigre, insipide…Cuits ils servent à la fabrication de confitures et sont utilisées dans des recettes traditionnelles dans le Caucase.

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Fruits du Prunier myrobolaan

On s’étonnera de ne pas mieux connaître le nom remarquable de cet arbre commun. Son étymologie est multiple. La première nous vient du grec murobalanos (muron « parfum » et balanos « gland » ou « fruit sec » ) qui désignait un fruit égyptien d’odeur agréable mais resté indéterminé, puis ensuite par extension divers fruits séchés d’origine exotique.

Mais on peut rapprocher ce nom de l’adjectif mirobolant – extraordinaire, incroyable – et de mirabelle, la petite prune dorée de Lorraine.

 

 

Fleurs de prunus cerasifera pisssardii, ici à peine rosée mais au feuillage caractéristique

 

Prunus x subhitella automnalis

Un troisième Prunus est assez fréquent à Paris, on le remarque surtout par ses floraisons timides au cœur de l’hiver. Il s’agit de Prunus x subhitella ‘automnalis’ , le cerisier à fleur d’automne. Ce petit arbre nous surprend  donc par ses floraisons hivernales. Ses fleurs rose en boutons, puis blanche, s’épanouissent  parfois dès novembre, sur ses branches nues puis  elles fleurissent à nouveau  au moindre redoux hivernal et peuvent durer jusqu’en avril. Elles ont souvent un aspect un peu fripé et fragile. On  trouve quelques centaines de Prunus x subhitella ‘automnalis’ plantés dans la capitale pour égayer la grisaille de l’hiver.

La fleur fragile du cerisier d’automne